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title: "Convention de La Haye sur l'enlèvement d'enfants — Droit du Québec expliqué ✦ Goldwater Droit"
meta:
  "og:description": "Un guide en langage simple sur le droit international de l'enlèvement d'enfants au Québec — enlèvement injustifié, demandes de retour, et moyens de défense expliqués."
  "og:title": "Qu'arrive-t-il quand un enfant est enlevé hors du Québec? Comment fonctionne la Convention de La Haye"
  description: "Découvrez comment la Convention de La Haye sur l'enlèvement international d'enfants fonctionne au Québec. Enlèvement injustifié, procédures de retour, et exceptions."
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# La Convention de La Haye sur l'enlèvement international d'enfants : ce qu'elle est et comment elle s'applique au Québec

# La _Convention de La Haye_ sur l'enlèvement international d'enfants : ce qu'elle est et comment elle s'applique au Québec

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Quand un parent enlève ou garde un enfant à travers les frontières internationales en violation des droits parentaux de l'autre parent, le cadre juridique qui régit le retour de l'enfant est la [_Convention de La Haye sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants_](https://www.hcch.net/fr/instruments/conventions/full-text/?cid=24). Au Québec, ce traité est mis en œuvre par la [_Loi sur les aspects civils de l'enlèvement international et interprovincial d'enfants_](https://canlii.ca/t/1b3j). Cette page explique comment la _Convention_ et la _Loi_ fonctionnent ensemble, qui elles protègent, quels recours juridiques sont disponibles à un parent dont l'enfant a été injustement enlevé ou retenu, quels moyens de défense peuvent s'appliquer, et quel est le calendrier pour poursuivre une demande de retour.

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## Qu'est-ce que la _Convention de La Haye sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants_ ?

La [_Convention de La Haye sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants_](https://www.hcch.net/fr/instruments/conventions/full-text/?cid=24) est un traité international conclu le 25 octobre 1980, à la Conférence de La Haye sur le droit international privé. Elle est entrée en vigueur le 1er décembre 1983, et à partir de 2025, plus de 100 pays y sont parties.

La Convention a deux objectifs fondamentaux :

1. Assurer le **retour rapide** des enfants injustement enlevés de ou retenus hors du pays où ils habitent habituellement ; et
2. Assurer que les **droits parentaux** et les **droits d'accès** en vertu de la loi d'un pays soient respectés dans les autres États contractants.

La _Convention_ n'est pas une loi sur la garde. Elle ne détermine pas quel parent devrait avoir la garde. Au lieu de cela, elle établit un mécanisme procédural pour retourner l'enfant au pays de leur **résidence habituelle** afin que les tribunaux les mieux positionnés pour évaluer les circonstances de l'enfant puissent prendre des décisions relatives à la garde. La prémisse fondamentale est qu'un parent ne devrait pas gagner un avantage juridique en franchissant une frontière avec un enfant.

La Convention ne s'applique qu'aux enfants de moins de 16 ans et seulement quand les deux pays impliqués sont des États contractants. Le Canada a été le deuxième pays à la ratifier, en 1983. Parce que le droit de la famille au Canada est partagé entre le gouvernement fédéral et les provinces, chaque province a promulgué sa propre loi de mise en œuvre. Au Québec, cette loi est la [_Loi sur les aspects civils de l'enlèvement international et interprovincial d'enfants_](https://canlii.ca/t/1b3j). La Loi du Québec étend aussi de manière unique le même mécanisme aux enlèvements interprovincia à l'intérieur du Canada — une expansion qui n'a pas de contrepartie dans la Convention internationale elle-même.

> 💡 **Le saviez-vous ?** La _Convention de La Haye sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants_ a émergé à la fin des années 1970 dans le contexte d'un taux de divorce croissant, d'une mobilité internationale accrue, et d'un nombre croissant de litiges relatifs à la garde entre pays. Le traité a été conçu pour aborder les enlèvements parentaux découlant de ruptures familiales à fort conflit plutôt que des scénarios d'enlèvement classiques, et il a été façonné par le mouvement plus large des « droits de l'enfant » qui a produit plus tard des instruments comme la [_Convention relative aux droits de l'enfant (1989)_](https://www.ohchr.org/en/instruments-mechanisms/instruments/convention-rights-child). Aujourd'hui, plus de 100 pays sont parties à la Convention, ce qui en fait l'un des instruments de droit de la famille international les plus largement ratifiés.

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## La _Convention de La Haye_, contexte québécois

La relation du Québec avec la _Convention de La Haye_ est définie par sa loi de mise en œuvre : la [_Loi sur les aspects civils de l'enlèvement international et interprovincial d'enfants_](https://canlii.ca/t/1b3j), qui est entrée en vigueur le 12 décembre 1984.

La Loi du Québec fait quelque chose de notable que la Convention de La Haye elle-même ne fait pas : elle étend le même mécanisme de retour aux enlèvements d'enfants **interprovincia** au sein du Canada. Si un enfant est injustement enlevé d'une province canadienne vers le Québec, ou du Québec vers une autre province, la Loi fournit une voie juridique pour le retour de l'enfant qui reflète le cadre international. Cela rend la loi québécoise plus large que la Convention qu'elle met en œuvre, et reflète la réalité que les familles au Canada se déplacent entre provinces aussi souvent qu'entre les pays.

En vertu de l' [article 6 de la _Loi_](https://canlii.ca/t/z06#se:6), le **Ministre de la Justice du Québec** agit comme l'Autorité centrale de la province — l'organisme gouvernemental responsable de coordonner les demandes de retour, de localiser les enfants, et de faciliter la communication entre les pays. La **Cour supérieure du Québec** est désignée comme l'autorité judiciaire compétente pour entendre les demandes de retour. Notamment, la réforme législative du Québec en 2025 par la [Loi établissant le Tribunal unifié de la famille au sein de la Cour du Québec](https://www.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/fileadmin/Fichiers_client/lois_et_reglements/LoisAnnuelles/en/2025/2025C9A.PDF) a modifié l' [article 25 de la _Loi_](https://canlii.ca/t/z06#se:25) pour aussi faire référence à la Cour du Québec, reflétant la restructuration plus large de la juridiction en matière familiale dans la province. Les implications complètes de ce changement de juridiction sont encore en développement, particulièrement compte tenu des questions constitutionnelles soulevées par la création du TUF.

La tradition de droit civil du Québec façonne aussi comment la Convention fonctionne dans la province. Les droits parentaux au Québec sont principalement régis par le [_Code civil du Québec_](https://canlii.ca/t/1b6h) (pour les parents non mariés et les questions d'autorité parentale) et par la [_Loi sur le divorce_](https://canlii.ca/t/ckg7) (pour les parents mariés qui divorent). La définition des **droits parentaux** en vertu de ces lois — y compris le droit de déterminer le lieu de résidence d'un enfant — s'aligne avec la définition large utilisée dans la Convention, mais l'interaction entre le droit civil provincial et le cadre du traité peut créer de la complexité qui exige une orientation juridique expérimentée.

> 💡 **Le saviez-vous ?** La Loi du Québec sur les aspects civils de l'enlèvement international et interprovincial d'enfants non seulement met en œuvre la Convention de La Haye mais l'intègre aussi à un cadre de droit civil où la garde et l'autorité parentale sont largement régies par le Code civil du Québec. Cela signifie qu'un « droit parental » en vertu de la Convention est souvent interprété par les concepts comme l'autorité parentale et le lieu de résidence du Code, tandis que la Loi sur le divorce fédérale et la pratique pan-canadienne de La Haye ajoutent une couche de droit commun, créant un régime uniquement hybride dans les cas d'enlèvement d'enfants au Québec. Comprendre quel cadre juridique définit les « droits parentaux » dans votre cas est souvent la première question critique dans une procédure de retour en vertu de La Haye.

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## Ce que régit la _Loi sur les aspects civils de l'enlèvement international et interprovincial d'enfants_

### Enlèvement injustifié et rétention injustifiée

Le concept central de la _Loi_ est l'**enlèvement ou la rétention injustifiés**. En vertu de l' [article 3](https://canlii.ca/t/z06#se:3), l'enlèvement ou la rétention injustifiés d'un enfant hors de sa résidence habituelle se produit quand cela viole les droits parentaux attribués à une personne en vertu de la loi de la juridiction où l'enfant habite habituellement, et ces droits parentaux étaient réellement exercés — ou auraient été exercés mais pour l'enlèvement ou la rétention.

L'**enlèvement injustifié** se produit quand un parent enlève physiquement un enfant de sa résidence habituelle vers une autre juridiction sans le consentement de l'autre parent ou une ordonnance judiciaire. La **rétention injustifiée** se produit quand un parent qui a amené un enfant à l'étranger sur une base convenue — des vacances, par exemple — refuse de retourner l'enfant à la date convenue. Les deux déclenchent le même mécanisme juridique.

Prenez un exemple pratique : vous acceptez de laisser l'autre parent de votre enfant l'amener en vacances en Europe pour deux semaines. La date de retour convenue est le 31 août. Le 29 août, l'autre parent envoie un courriel disant « nous restons ». C'est une rétention injustifiée, bien que l'enfant soit allé à l'étranger avec votre consentement. Le consentement était conditionnel au retour par une date précise, et cette condition a été violée.

En vertu de l' [article 4](https://canlii.ca/t/z06#se:4), un enlèvement ou une rétention est aussi considéré comme injustifié s'il survient tandis que des procédures pour déterminer ou modifier les droits parentaux sont en cours, empêchant un parent de devancer les procédures judiciaires en enlevant l'enfant avant une décision. Cela s'appelle parfois le « forum shopping » — enlever l'enfant pour éviter une audition sur la garde.

> ⚠️ **La « rétention injustifiée » est parfois plus difficile à identifier que l'« enlèvement injustifié ».** Si vous acceptez de laisser votre enfant voyager à l'étranger avec l'autre parent pour une période déterminée et que l'autre parent ne retourne simplement pas l'enfant, le délai sur votre demande de retour commence à courir de la date où l'enfant aurait dû être retourné — pas la date où l'enfant a quitté. **Le temps est critique dans ces cas : la Loi fournit des recours plus forts si les procédures commencent dans l'année suivant la rétention injustifiée.** C'est pourquoi agir immédiatement est essentiel.

### Résidence habituelle

La **résidence habituelle** est l'ancre de juridiction de tout le cadre de la _Convention_. Elle détermine les tribunaux de quel pays ont l'autorité sur les questions de garde et vers quel pays l'enfant devrait être retourné. En vertu de l' [article 5](https://canlii.ca/t/z06#se:5), la Loi s'applique à tout enfant de moins de 16 ans qui habitait habituellement au Québec ou dans un État désigné immédiatement avant la violation des droits parentaux ou d'accès.

Ni la _Convention_ ni la _Loi_ ne définissent la résidence habituelle en termes précis. Les tribunaux l'évaluent selon les circonstances factuelles : où l'enfant vivait, allait à l'école, avait des liens sociaux, et était intégré dans une communauté. C'est une question de fait — pas une question juridique — et elle se concentre sur la situation de l'enfant plutôt que sur les intentions des parents ou le domicile.

Exemples de facteurs que les tribunaux considèrent : si un enfant fréquentait l'école au Québec, avait des amis, vivait dans la même maison depuis plusieurs ans, et était inscrit auprès d'un médecin et d'un dentiste du Québec, le Québec est probablement la résidence habituelle même si un parent avait l'intention de déménager. Inversement, si une famille a déménagé au Québec il y a seulement trois mois, l'enfant n'avait pas encore commencé l'école, et la résidence permanente de la famille demeurait ailleurs, la résidence habituelle pourrait se situer ailleurs.

> ⚠️ **La résidence habituelle est évaluée au moment _immédiatement avant_ l'enlèvement ou la rétention injustifiés.** Un parent qui amène un enfant vers un autre pays ne peut pas établir une nouvelle résidence habituelle par le passage du temps seul — du moins pas dans la première année. Cependant, si une demande de retour n'est pas déposée dans un an, le tribunal peut considérer si l'enfant s'est établi dans le nouvel environnement, ce qui peut compliquer significativement une demande de retour. C'est pourquoi la vitesse est essentielle.

### Le mécanisme de retour

La procédure de retour en vertu de la _Loi_ est conçue pour la vitesse. L' [article 19](https://canlii.ca/t/z06#se:19) prévoit que les procédures judiciaires pour le retour d'un enfant ont priorité sur tous les autres éléments, équivalent à la priorité accordée aux procédures _d'habeas corpus_ en vertu de l' [article 82 du _Code de procédure civile_](https://canlii.ca/t/dhqv#TITLE_V_PROCEDURE_APPLICABLE_TO_ALL_JUDICIAL_APPLICATIONS_147513).

En vertu de l' [article 20](https://canlii.ca/t/z06#se:20), si une demande est introduite dans l'année suivant l'enlèvement ou la rétention injustifiés, la Cour supérieure doit ordonner le retour de l'enfant — le tribunal n'a pas de pouvoir discrétionnaire pour refuser si les conditions sont remplies et aucun moyen de défense n'est établi. Si la demande est introduite après un an, le tribunal doit toujours ordonner le retour sauf si l'intimé démontre que l'enfant s'est maintenant établi dans le nouvel environnement. Cette « règle d'un an » est fondamentale au fonctionnement de la Convention.

L' [article 27](https://canlii.ca/t/z06#se:27) impose la discipline procédurale : si aucune décision n'a été rendue dans six semaines, le Ministre de la Justice doit expliquer les raisons du retard sur demande. Cela reflète l'emphase de la Convention sur l'urgence.

Critiquement, l' [article 30](https://canlii.ca/t/z06#se:30) confirme qu'une ordonnance de retour n'**est pas une détermination de garde**. Le tribunal entendant une demande de retour n'évalue pas l'intérêt supérieur de l'enfant de la façon qu'il le ferait dans un litige relatif à la garde — l'analyse est limitée aux exigences de la Loi. L'ordonnance de retour renvoie simplement l'enfant vers la juridiction où les questions de garde peuvent être correctement décidées.

> 💡 **Le saviez-vous ?** Le délai de six semaines à l'article 27 de la Loi québécoise reflète l'article 11 de la _Convention_, qui invite les États contractants à agir avec diligence. En pratique, les procédures de retour en vertu de La Haye au Québec sont souvent résolues plus rapidement que de nombreuses autres matières en droit de la famille, bien que les cas complexes — particulièrement ceux impliquant des allégations de risque grave — peuvent toujours prendre plusieurs mois. Le statut de priorité accordé à ces procédures par l'article 19, les assimilant à l'_habeas corpus_, souligne à quel point le système juridique prend l'urgence du retour d'un enfant injustement enlevé au sérieux. L'objectif est d'empêcher l'autre parent de « laisser le temps couler » et d'établir l'enfant dans un nouvel environnement.

### Le rôle de l'Autorité centrale du Québec

En vertu de l' [article 6](https://canlii.ca/t/z06#se:6), le **Ministre de la Justice du Québec** agit comme l'Autorité centrale de la province — l'organisme gouvernemental responsable de coordonner les demandes de retour, de localiser les enfants, et de faciliter la communication entre les pays. La **Cour supérieure du Québec** est désignée comme l'autorité judiciaire compétente pour entendre les demandes de retour. Notamment, la réforme législative du Québec en 2025 par la [Loi établissant le Tribunal unifié de la famille au sein de la Cour du Québec](https://www.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/fileadmin/Fichiers_client/lois_et_reglements/LoisAnnuelles/en/2025/2025C9A.PDF) a modifié l' [article 25 de la _Loi_](https://canlii.ca/t/z06#se:25) pour aussi faire référence à la Cour du Québec, reflétant la restructuration plus large de la juridiction en matière familiale dans la province. Les implications complètes de ce changement de juridiction sont encore en développement, particulièrement compte tenu des questions constitutionnelles soulevées par la création du TUF.

La tradition de droit civil du Québec façonne aussi comment la Convention fonctionne dans la province. Les droits parentaux au Québec sont principalement régis par le [_Code civil du Québec_](https://canlii.ca/t/1b6h) (pour les parents non mariés et les questions d'autorité parentale) et par la [_Loi sur le divorce_](https://canlii.ca/t/ckg7) (pour les parents mariés qui divorent). La définition des **droits parentaux** en vertu de ces lois — y compris le droit de déterminer le lieu de résidence d'un enfant — s'aligne avec la définition large utilisée dans la Convention, mais l'interaction entre le droit civil provincial et le cadre du traité peut créer de la complexité qui exige une orientation juridique expérimentée.

> 💡 **Le saviez-vous ?** La Loi du Québec sur les aspects civils de l'enlèvement international et interprovincial d'enfants non seulement met en œuvre la Convention de La Haye mais l'intègre aussi à un cadre de droit civil où la garde et l'autorité parentale sont largement régies par le Code civil du Québec. Cela signifie qu'un « droit parental » en vertu de la Convention est souvent interprété par les concepts comme l'autorité parentale et le lieu de résidence du Code, tandis que la Loi sur le divorce fédérale et la pratique pan-canadienne de La Haye ajoutent une couche de droit commun, créant un régime uniquement hybride dans les cas d'enlèvement d'enfants au Québec. Comprendre quel cadre juridique définit les « droits parentaux » dans votre cas est souvent la première question critique dans une procédure de retour en vertu de La Haye.

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## Ce que régit la _Loi sur les aspects civils de l'enlèvement international et interprovincial d'enfants_

### Enlèvement injustifié et rétention injustifiée

Le concept central de la _Loi_ est l'**enlèvement ou la rétention injustifiés**. En vertu de l' [article 3](https://canlii.ca/t/z06#se:3), l'enlèvement ou la rétention injustifiés d'un enfant hors de sa résidence habituelle se produit quand cela viole les droits parentaux attribués à une personne en vertu de la loi de la juridiction où l'enfant habite habituellement, et ces droits parentaux étaient réellement exercés — ou auraient été exercés mais pour l'enlèvement ou la rétention.

L'**enlèvement injustifié** se produit quand un parent enlève physiquement un enfant de sa résidence habituelle vers une autre juridiction sans le consentement de l'autre parent ou une ordonnance judiciaire. La **rétention injustifiée** se produit quand un parent qui a amené un enfant à l'étranger sur une base convenue — des vacances, par exemple — refuse de retourner l'enfant à la date convenue. Les deux déclenchent le même mécanisme juridique.

Prenez un exemple pratique : vous acceptez de laisser l'autre parent de votre enfant l'amener en vacances en Europe pour deux semaines. La date de retour convenue est le 31 août. Le 29 août, l'autre parent envoie un courriel disant « nous restons ». C'est une rétention injustifiée, bien que l'enfant soit allé à l'étranger avec votre consentement. Le consentement était conditionnel au retour par une date précise, et cette condition a été violée.

En vertu de l' [article 4](https://canlii.ca/t/z06#se:4), un enlèvement ou une rétention est aussi considéré comme injustifié s'il survient tandis que des procédures pour déterminer ou modifier les droits parentaux sont en cours, empêchant un parent de devancer les procédures judiciaires en enlevant l'enfant avant une décision. Cela s'appelle parfois le « forum shopping » — enlever l'enfant pour éviter une audition sur la garde.

> ⚠️ **La « rétention injustifiée » est parfois plus difficile à identifier que l'« enlèvement injustifié ».** Si vous acceptez de laisser votre enfant voyager à l'étranger avec l'autre parent pour une période déterminée et que l'autre parent ne retourne simplement pas l'enfant, le délai sur votre demande de retour commence à courir de la date où l'enfant aurait dû être retourné — pas la date où l'enfant a quitté. **Le temps est critique dans ces cas : la Loi fournit des recours plus forts si les procédures commencent dans l'année suivant la rétention injustifiée.** C'est pourquoi agir immédiatement est essentiel.

### Résidence habituelle

La **résidence habituelle** est l'ancre de juridiction de tout le cadre de la _Convention_. Elle détermine les tribunaux de quel pays ont l'autorité sur les questions de garde et vers quel pays l'enfant devrait être retourné. En vertu de l' [article 5](https://canlii.ca/t/z06#se:5), la Loi s'applique à tout enfant de moins de 16 ans qui habitait habituellement au Québec ou dans un État désigné immédiatement avant la violation des droits parentaux ou d'accès.

Ni la _Convention_ ni la _Loi_ ne définissent la résidence habituelle en termes précis. Les tribunaux l'évaluent selon les circonstances factuelles : où l'enfant vivait, allait à l'école, avait des liens sociaux, et était intégré dans une communauté. C'est une question de fait — pas une question juridique — et elle se concentre sur la situation de l'enfant plutôt que sur les intentions des parents ou le domicile.

Exemples de facteurs que les tribunaux considèrent : si un enfant fréquentait l'école au Québec, avait des amis, vivait dans la même maison depuis plusieurs ans, et était inscrit auprès d'un médecin et d'un dentiste du Québec, le Québec est probablement la résidence habituelle même si un parent avait l'intention de déménager. Inversement, si une famille a déménagé au Québec il y a seulement trois mois, l'enfant n'avait pas encore commencé l'école, et la résidence permanente de la famille demeurait ailleurs, la résidence habituelle pourrait se situer ailleurs.

> ⚠️ **La résidence habituelle est évaluée au moment _immédiatement avant_ l'enlèvement ou la rétention injustifiés.** Un parent qui amène un enfant vers un autre pays ne peut pas établir une nouvelle résidence habituelle par le passage du temps seul — du moins pas dans la première année. Cependant, si une demande de retour n'est pas déposée dans un an, le tribunal peut considérer si l'enfant s'est établi dans le nouvel environnement, ce qui peut compliquer significativement une demande de retour. C'est pourquoi la vitesse est essentielle.

### Le mécanisme de retour

La procédure de retour en vertu de la _Loi_ est conçue pour la vitesse. L' [article 19](https://canlii.ca/t/z06#se:19) prévoit que les procédures judiciaires pour le retour d'un enfant ont priorité sur tous les autres éléments, équivalent à la priorité accordée aux procédures _d'habeas corpus_ en vertu de l' [article 82 du _Code de procédure civile_](https://canlii.ca/t/dhqv#TITLE_V_PROCEDURE_APPLICABLE_TO_ALL_JUDICIAL_APPLICATIONS_147513).

En vertu de l' [article 20](https://canlii.ca/t/z06#se:20), si une demande est introduite dans l'année suivant l'enlèvement ou la rétention injustifiés, la Cour supérieure doit ordonner le retour de l'enfant — le tribunal n'a pas de pouvoir discrétionnaire pour refuser si les conditions sont remplies et aucun moyen de défense n'est établi. Si la demande est introduite après un an, le tribunal doit toujours ordonner le retour sauf si l'intimé démontre que l'enfant s'est maintenant établi dans le nouvel environnement. Cette « règle d'un an » est fondamentale au fonctionnement de la Convention.

L' [article 27](https://canlii.ca/t/z06#se:27) impose la discipline procédurale : si aucune décision n'a été rendue dans six semaines, le Ministre de la Justice doit expliquer les raisons du retard sur demande. Cela reflète l'emphase de la Convention sur l'urgence.

Critiquement, l' [article 30](https://canlii.ca/t/z06#se:30) confirme qu'une ordonnance de retour n'**est pas une détermination de garde**. Le tribunal entendant une demande de retour n'évalue pas l'intérêt supérieur de l'enfant de la façon qu'il le ferait dans un litige relatif à la garde — l'analyse est limitée aux exigences de la Loi. L'ordonnance de retour renvoie simplement l'enfant vers la juridiction où les questions de garde peuvent être correctement décidées.

> 💡 **Le saviez-vous ?** Le délai de six semaines à l'article 27 de la Loi québécoise reflète l'article 11 de la _Convention_, qui invite les États contractants à agir avec diligence. En pratique, les procédures de retour en vertu de La Haye au Québec sont souvent résolues plus rapidement que de nombreuses autres matières en droit de la famille, bien que les cas complexes — particulièrement ceux impliquant des allégations de risque grave — peuvent toujours prendre plusieurs mois. Le statut de priorité accordé à ces procédures par l'article 19, les assimilant à l'_habeas corpus_, souligne à quel point le système juridique prend l'urgence du retour d'un enfant injustement enlevé au sérieux. L'objectif est d'empêcher l'autre parent de « laisser le temps couler » et d'établir l'enfant dans un nouvel environnement.

### Le rôle de l'Autorité centrale du Québec

En vertu de l' [article 6](https://canlii.ca/t/z06#se:6), le **Ministre de la Justice du Québec** agit comme l'Autorité centrale de la province. En pratique, cette fonction est exercée par la [_Direction des orientations, des affaires législatives et de la refonte — Entraide internationale_](https://www.quebec.ca/en/family-and-support-for-individuals/separation-divorce/children-responsibility/child-abduction/assistance-central-authority-for-quebec) au sein du _Ministère de la Justice_.

Les [articles 7 et 8](https://canlii.ca/t/z06#se:7) établissent les devoirs du Ministre : découvrir le paradis d'un enfant injustement enlevé, prévenir d'autres préjudices, assurer le retour volontaire ou faciliter une résolution amiable, échanger de l'information sur le contexte social de l'enfant, lancer ou faciliter les procédures juridiques pour le retour, et fournir ou faciliter l'aide juridique au besoin. L'Autorité centrale agit comme un liaison essentielle entre le Québec et d'autres pays, coordonnant les efforts pour localiser les enfants et résoudre les cas.

L'Autorité centrale agit comme une **liaison et coordinatrice** — elle ne représente pas le parent resté au Québec devant les tribunaux. Le parent cherchant le retour doit retenir son propre avocat ou demander l'aide juridique. L' [article 37](https://canlii.ca/t/z06#se:37) prévoit que les citoyens et résidents habituels d'un État désigné ont droit à l'aide juridique au Québec aux mêmes conditions que les résidents du Québec, et l' [article 35](https://canlii.ca/t/z06#se:35) exempte les demandeurs de verser une sûreté pour les dépens. Cela assure que les obstacles financiers ne préviennent pas les parents restés au Québec de poursuivre les demandes de retour.

> ⚠️ **Si votre enfant a été enlevé du Québec vers un autre pays, vous ne pouvez pas demander directement à l'Autorité centrale du pays où l'enfant se trouve.** Vous devez d'abord communiquer avec l'Autorité centrale du Québec, qui transmettra votre demande à son homologue à l'étranger. Inversement, si votre enfant a été amené au Québec depuis un autre pays, l'Autorité centrale du pays où l'enfant résidait habituellement doit communiquer avec l'Autorité centrale du Québec pour lancer le processus. **Le temps est essentiel — communiquez avec un [avocat en droit de la famille](https://goldwaterdroit.com/fr/services/droit-de-la-famille) immédiatement si vous croyez que votre enfant a été injustement enlevé ou retenu.** La fenêtre pour une ordonnance de retour obligatoire est un an ; chaque jour perdu peut affecter votre position juridique.

### Exceptions au retour

La _Loi_ reflète la _Convention_ en fournissant des moyens de défense limités qui peuvent permettre à un tribunal de refuser d'ordonner le retour. Ces exceptions sont interprétées strictement — l'efficacité de la Convention dépend du retour étant la règle, pas l'exception. Un tribunal ne considérera un moyen de défense que si la partie s'opposant au retour le soulève et fournit des preuves le soutenant.

**Consentement ou reconnaissance tacite (article 21).** Le tribunal peut refuser d'ordonner le retour si la personne cherchant le retour avait consenti à l'enlèvement ou la rétention ou l'a reconnu par la suite. Le consentement doit être véritable, clair, et démontrable — soit par écrit soit par d'autres preuves objectives. Le silence ou le retard seul ne constitue pas consentement. La reconnaissance tacite implique l'acceptation passive après les faits — par exemple, omettant de prendre aucune action pour récupérer l'enfant sur une période prolongée en sachant le paradis de l'enfant. Un parent qui proteste immédiatement mais est incapable d'agir en raison de contraintes financières ne s'est pas reconnu par la suite.

**Risque grave de préjudice (article 22).** Le moyen de défense le plus fréquemment invoqué. Le tribunal peut refuser le retour s'il y a un risque grave que retourner l'enfant l'exposerait à un préjudice physique ou psychologique ou le placerait dans une situation intolérable. Le standard est volontairement élevé : l'insatisfaction générale avec les conditions dans l'autre pays, ou la prétention que l'enfant serait « mieux » au Québec, ne répond pas au seuil. Les tribunaux ont reconnu le risque grave là où il y a des preuves crédibles de violence familiale, d'abus d'enfant, de conflit armé, ou de menaces graves à la sécurité de l'enfant. Le fardeau de la preuve repose sur le parent s'opposant au retour, et la preuve doit être substantielle et précise, pas spéculative.

**Objection de l'enfant (article 22).** Le tribunal peut aussi tenir compte des opinions d'un enfant qui a atteint un âge et un degré de maturité où il est approprié de considérer ces opinions. La préférence d'un enfant de rester au Québec parce qu'il aime son école ou a fait des amis est généralement insuffisante — l'objection doit refléter une véritable opposition raisonnée au retour fondée sur des préoccupations substantielles pour leur bien-être.

**L'enfant établi dans le nouvel environnement (article 20).** Si plus d'un an s'est écoulé entre l'enlèvement ou la rétention injustifiés et le début des procédures de retour, et l'enfant s'est établi dans le nouvel environnement, le tribunal peut exercer le pouvoir discrétionnaire de refuser le retour. L'établissement est évalué en regardant si l'enfant a développé des liens sociaux, intégré dans la communauté, commencé l'école, et généralement s'est adapté à leur nouvelle vie. Cette exception souligne pourquoi agir rapidement est essentiel.

**Droits humains et libertés fondamentales (article 23).** Le tribunal n'est pas tenu d'ordonner le retour si le faire violerait les principes fondamentaux relatifs à la protection des droits humains et des libertés fondamentales. Ce moyen de défense est rarement invoqué et rarement réussit, mais il a été appliqué dans les cas canadiens impliquant des enfants avec un statut de réfugié reconnu, où le retour soulèverait des préoccupations sérieuses concernant les droits de l'enfant en vertu des normes internationales en matière de droits humains.

> 💡 **Le saviez-vous ?** Bien que le moyen de défense du risque grave soit le plus couramment soulevé dans les procédures de retour en vertu de La Haye à l'échelle mondiale, il réussit dans un pourcentage relativement faible de cas. Les tribunaux l'appliquent strictement parce qu'une interprétation large minerait l'objectif fondamental de la Convention : assurer que les décisions relatives à la garde sont prises dans le pays de résidence habituelle de l'enfant. Au Québec, comme dans le reste du Canada, les tribunaux ont pris soin de distinguer entre un véritable risque grave pour l'enfant et les difficultés normales et les ajustements associés à la réinstallation entre les pays. Le résultat est que les enlèvements injustifiés sont retournés dans la majorité des cas où des demandes sont introduites dans l'année.

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## Comment la _Loi sur les aspects civils de l'enlèvement international et interprovincial d'enfants_ a évolué

La _Loi_ a été adoptée le 12 juin 1984, et est entrée en vigueur le 12 décembre 1984, suivant la ratification de la Convention de La Haye par le Canada en 1983. Le Québec était parmi les premières provinces à mettre en œuvre la Convention au niveau domestique, reflétant le rôle actif de la province dans le développement du droit international privé.

**1984 — Promulgation initiale.** La _Loi_ a donné force juridique au mécanisme de retour de la Convention de La Haye et a étendu son application aux enlèvements d'enfants interprovincia. Le Ministre de la Justice a été désigné comme l'Autorité centrale, et la Cour supérieure a été identifiée comme l'autorité judiciaire compétente. C'était une étape importante, car le Québec n'avait aucun cadre juridique antérieur pour aborder les enlèvements internationaux d'enfants.

**1999 — Harmonisation.** La [_Loi harmonisant les lois fédérales avec le Code civil du Québec_](https://canlii.ca/t/8xl9) a apporté des modifications techniques mineures pour aligner le langage de la Loi avec le _Code civil du Québec_, qui avait été largement réformé en 1994. Ces changements ont clarifié comment la terminologie de la Loi se rapportait au nouveau cadre de droit civil.

**2025 — Tribunal unifié de la famille.** Le [projet de loi 91](https://www.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/fileadmin/Fichiers_client/lois_et_reglements/LoisAnnuelles/en/2025/2025C9A.PDF), la _Loi établissant le Tribunal unifié de la famille au sein de la Cour du Québec_, a modifié l' [article 25](https://canlii.ca/t/z06#se:25) de la _Loi_ pour insérer une référence à la Cour du Québec aux côtés de la Cour supérieure. Cela reflète la création plus large du _Tribunal unifié de la famille_ (TUF) au sein de la Cour du Québec, qui a reçu la juridiction sur certaines matières en droit de la famille antérieurement réservées à la Cour supérieure. La portée constitutionnelle de cette expansion de juridiction est sujette au débat en cours, car le mariage et le divorce demeurent la juridiction exclusive du gouvernement fédéral en vertu de la [_Loi constitutionnelle de 1867_](https://canlii.ca/t/8q7k).

_Cette question de juridiction concernant le TUF évolue en avril 2026. Cette page sera mise à jour au fur et à mesure que les développements surviennent._

> 💡 **Le saviez-vous ?** La création du Québec en 2025 du _Tribunal unifié de la famille_ a été le changement structurel le plus important du système de justice familiale de la province en décennies. La réforme a découlé de critiques de longue date que les familles au Québec étaient forcées de naviguer deux tribunaux différents — la Cour supérieure et la Cour du Québec — selon la nature de leur litige. Bien que le TUF vise à créer un seul point d'entrée pour les matières en droit de la famille, son impact sur les procédures d'enlèvement international d'enfants est encore clarifié, car ces cas relevaient traditionnellement de la juridiction exclusive de la Cour supérieure. Les questions constitutionnelles soulevées par ce changement de juridiction font l'objet d'un litige en cours, y compris les défis déposés par Goldwater Droit.

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## Questions fréquemment posées

### Qu'est-ce qui compte comme enlèvement international d'enfants en vertu de la loi du Québec ?

En vertu de la _Loi sur les aspects civils de l'enlèvement international et interprovincial d'enfants_, l'enlèvement international d'enfants se produit quand un enfant de moins de 16 ans est enlevé de, ou retenu hors du lieu où il réside habituellement, en violation des droits parentaux d'une autre personne. Elle s'applique peu importe si la personne qui a enlevé l'enfant est un parent — un grand-parent ou un autre membre de la famille peut être le sujet d'une demande s'il avait des droits parentaux. Les éléments clés sont que l'enlèvement ou la rétention est injustifié parce qu'il viole les droits parentaux qui étaient exercés — ou auraient été exercés — au moment.

### La _Convention de La Haye_ s'applique-t-elle si mon enfant est amené vers une autre province canadienne ?

Oui — et c'est une caractéristique unique à la loi québécoise de mise en œuvre. Bien que la _Convention de La Haye_ elle-même régit seulement les enlèvements internationaux, la Loi du Québec étend le même mécanisme de retour aux enlèvements d'enfants interprovincia au sein du Canada. Si votre enfant réside habituellement au Québec et est injustement amené vers une autre province, vous pouvez chercher leur retour en vertu de la Loi par la même procédure utilisée pour les cas internationaux. Cette protection interprovinciale reflète la réalité que les familles se déplacent entre provinces fréquemment.

### À quelle vitesse dois-je agir si mon enfant a été enlevé ?

Aussi rapidement que possible. Si vous déposez une demande de retour dans l'année suivant l'enlèvement ou la rétention injustifiés, le tribunal doit ordonner le retour de l'enfant (à moins qu'un moyen de défense étroit ne s'applique). Après un an, l'autre parent peut affirmer que l'enfant s'est établi dans le nouvel environnement, ce qui donne au tribunal le pouvoir discrétionnaire de refuser le retour. Le cadre de la Convention est construit autour de l'urgence — chaque jour de retard peut affaiblir votre position. Idéalement, vous devriez communiquer avec l'Autorité centrale et retenir un avocat dans les jours suivant le moment où vous apprenez que votre enfant a été injustement enlevé.

### Le tribunal peut-il refuser de retourner mon enfant ?

Oui, mais seulement dans des circonstances limitées. Les moyens de défense incluent : consentement ou reconnaissance tacite du parent resté au Québec, risque grave que le retour exposerait l'enfant à un préjudice physique ou psychologique ou une situation intolérable, objection de l'enfant lui-même (si l'enfant est assez vieux et mature), l'enfant étant établi dans un nouvel environnement après plus d'un an, ou une violation des principes de droits humains. Ces exceptions sont interprétées strictement, et même si établies, le tribunal retient le pouvoir discrétionnaire d'ordonner le retour. En pratique, les moyens de défense réussissent dans une minorité de cas.

### Quel rôle joue l'Autorité centrale du Québec ?

Le Ministre de la Justice du Québec agit comme l'Autorité centrale. En pratique, cette fonction est exercée par une unité dédiée au Ministère de la Justice. L'Autorité centrale aide à localiser les enfants, facilite la communication entre les pays, aide au retour volontaire des enfants, et aide à lancer les procédures juridiques. Cependant, l'Autorité centrale ne représente pas le parent resté au Québec devant les tribunaux — vous devrez retenir votre propre avocat ou demander l'aide juridique. L'Autorité centrale est un facilitateur et coordinateur, pas votre conseil juridique.

### La _Convention de La Haye_ décide-t-elle qui obtient la garde de mon enfant ?

Non. La _Convention_ et la Loi québécoise sont exclusivement sur le retour de l'enfant vers sa résidence habituelle afin que les tribunaux y puissent prendre des décisions relatives à la garde. Une ordonnance de retour n'est pas une ordonnance de garde. Une fois l'enfant retourné au Québec, la garde et le [temps parental](https://goldwaterdroit.com/fr/services/parentalite-garde-et-droits-d-acces) sont déterminés en vertu du _Code civil du Québec_ ou de la _Loi sur le divorce_, selon que les parents sont mariés. La procédure en vertu de La Haye est une porte d'entrée, pas une résolution définitive.

### Qu'arrive-t-il si mon enfant a été amené vers un pays qui n'a pas signé la _Convention de La Haye_ ?

Le cadre de la _Convention_ ne s'applique pas si l'autre pays n'est pas un État contractant, ou si le Canada n'a pas accepté l'adhésion de ce pays. Dans ces cas, vous pourriez devoir explorer des accusations criminelles en vertu du _Code criminel_ (articles 282-283), l'intervention diplomatique par Affaires mondiales Canada, ou des procédures devant les tribunaux du pays où l'enfant se trouve. Ces alternatives sont généralement plus lentes et moins prévisibles. Consulter un [avocat en droit de la famille](https://goldwaterdroit.com/fr/services/droit-de-la-famille) avec de l'expérience internationale est essentiel si votre enfant a été amené vers un pays non-signataire.

### Ai-je besoin d'un avocat pour une demande de retour en vertu de La Haye au Québec ?

La _Loi_ n'exige pas strictement la représentation juridique, mais les procédures de retour en vertu de La Haye sont complexes, rapides, et adversariales. Les moyens de défense — particulièrement le risque grave — exigent une analyse juridique prudente et des preuves. En vertu de l' [article 37](https://canlii.ca/t/1b3j#art37) de la _Loi_, les citoyens et résidents habituels des États contractants ont droit à l'aide juridique au Québec aux mêmes conditions que les résidents du Québec. Compte tenu de l'enjeu — le paradis et le bien-être de votre enfant — la représentation juridique professionnelle est fortement conseillée.

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## Parlez avec un avocat en droit de la famille

Les cas d'enlèvement international d'enfants impliquent l'intersection du droit des traités, du droit civil québécois, de la loi fédérale, et du système juridique d'un autre pays — tous fonctionnant sous une pression temporelle extrême. Que vous cherchiez le retour d'un enfant enlevé du Québec ou que vous vous défendiez contre une demande de retour introduite au Québec, l'résultat dépend de la façon que le cadre juridique est navigué. Les moyens de défense sont étroits mais intensifs sur les faits, et les exigences procédurales sont strictes.

[Communiquez avec Goldwater Droit](https://goldwaterdroit.com/fr/contact) pour fixer une consultation avec l'un de nos avocats en droit de la famille.

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## Ressources officielles

**Texte complet de la _Loi sur les aspects civils de l'enlèvement international et interprovincial d'enfants_**

- [_Loi sur les aspects civils de l'enlèvement international et interprovincial d'enfants_ (CQLR c A-23.01)](https://canlii.ca/t/1b3jl)

**Texte complet de la _Convention de La Haye_**

- [_Convention de La Haye sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants_](https://www.hcch.net/fr/instruments/conventions/full-text/?cid=24) (Conférence de La Haye de droit international privé)

**Ressources du gouvernement du Québec**

- [Role de l'Autorité centrale du Québec](https://www.justice.gouv.qc.ca/espace-professionnel/juristes/role-de-lautorite-centrale-du-quebec/)
- [Enlèvements internationaux d'enfants : Un guide pour les parents touchés](https://voyage.gc.ca/voyager/publications/enlevements-internationaux-d-enfants)

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## Pièces jointes

### An Act Respecting the Civil Aspects of International and Interprovincial Child Abduction

**PDF • 103 KB**

[**Ouvrir le fichier**](https://goldwaterdroit.com/_content-assets/laws/hague-convention/attachments/An-Act-respecting-the-civil-aspects-of-international-and-interprovincial-child-abduction.pdf)

### The Hague Convention

**PDF • 45 KB**

[**Ouvrir le fichier**](https://goldwaterdroit.com/_content-assets/laws/hague-convention/attachments/HagueConventionLaw_EN.pdf)

### La Convention de la Haye

**PDF • 48 KB**

[**Ouvrir le fichier**](https://goldwaterdroit.com/_content-assets/laws/hague-convention/attachments/HagueConventionLaw_FR.pdf)

### Loi sur les aspects civil de l'enlèvement international et interprovincial d'enfants

**PDF • 441 KB**

[**Ouvrir le fichier**](https://goldwaterdroit.com/_content-assets/laws/hague-convention/attachments/Loi-sur-les-aspects-civi.terprovincial-denfants.pdf)

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_Cette page fournit des informations juridiques générales sur la Loi sur les aspects civils de l'enlèvement international et interprovincial d'enfants et n'est pas un conseil juridique. Chaque situation est différente. Si vous avez des questions sur la façon dont cette loi s'applique à votre situation, consultez un avocat en droit de la famille qualifié._

Rédigé et révisé par [**Émylia Morin**](https://goldwaterdroit.com/fr/notre-equipe/emylia-morin)

Publié le **12 août 2023**

Dernière révision **1 avril 2026**